Ophélie Conan

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Au commencement, j'en suis sûre, était le vide. Néanmoins, j'apparus sur terre avec un joli prénom: Ophélie. Comme la douce et pure, comme l'ange de perfection qui ne supporta aucune flétrissure. Quant à mon nom, Conan, vous connaissez sans doute le fameux capitaine, mais aussi le terrible barbare?

mardi 16 janvier 2018

L'échappée belle

 Hier, j’ai visité le musée Whitney. J’ai beaucoup aimé les Hopper. Il y en a de très beaux qui dégagent un vrai sentiment d’éternité. Dans ce musée, il y a de belles collections d’art américain du vingtième siècle. Que vous en dire encore? Ah, si, je suis allée me goder dans les toilettes du musée. 

  Ce matin, je suis seule encore. Grace et Angela sont au travail. 

  J’ai reçu un mail de Marianne qui me dit qu’elle est allée comme prévu au cinéma, à Quimper, avec Rose, Muriel et ses deux sœurs. Ensuite, elles sont toutes venues à P. prendre le thé. Pour aller plus vite, je fais un copié-collé du mail de Marianne.

"Ma chérie,

Nous sommes allées, Rose, Muriel et moi au cinéma à Quimper, avec Karine et Gaëlle. Nous avons vu L’échappée belle. Il n’y avait pas grand monde et étions assises devant, sur une même rangée. Dans l’ordre, il y avait, en partant de la gauche, Rose, Muriel, moi, puis Karine et Gaëlle. Pendant le film, Rose et Muriel se sont roulé des pelles, et de temps en temps, Muriel se tournait vers moi pour m’en rouler une aussi. Karine et Gaëlle ne pouvaient pas ne pas voir notre manège, mais elles ne disaient rien. Après le film, Rose et moi avons invité les trois sœurs à prendre le thé à la maison. Gaëlle a d’abord refusé, mais Karine a laissé entendre qu'elle aimerait bien. Rose et moi n’avons guère insisté parce que Muriel sautait de joie et incitait ses deux sœurs à venir. Finalement, les sœurs nous ont suivi dans leur voiture.  

A la maison, on s’est installé dans le salon. Rose et Muriel ont allumé un feu dans la cheminée, et moi j'ai rangé les godemichés qui traînaient et préparé le thé. Pendant le thé, on a discuté du film, puis de différentes choses, en particulier des travaux dans la maison de Muriel, mais aussi de leur mère Andrea et de leur beau-père Eliaz, et de toi, évidemment, partie à New-York. L’atmosphère était un peu tendue. J'ai remarqué un gode, oublié dans une coupe à fruits, mais je l'ai laissé en place. Muriel caressait un peu maladroitement Rose, mais n’osait faire davantage, comme si elle craignait la réprobation de ses grandes sœurs. Celles-ci étaient visiblement mal à l’aise aussi, jusqu’au moment où Muriel a carrément peloter les seins de Rose. Gaëlle s’est alors mise à rire nerveusement et a dit: eh bien, Muriel, te gêne pas, je sais bien, vous êtes gouines, mais quand même! Muriel lui a aussitôt répondu: ça te choque? Gaëlle a dit: non pas du tout, mais quand même… Visiblement, Gaëlle ne savait plus quoi dire. Puis le silence est tombé. Nous étions vraiment toutes gênées, sauf Muriel qui laissait échapper des petits fous rires en pelotant Rose. C’est alors qu’elle a dit soudain, rompant le silence: peut-être bien que cela te fait envie, Gaëlle, mais que tu n’oses pas? Le silence est  encore tombé, plus épais. Karine a pris la parole. Elle a dit: moi, ça me fait envie, mais je n’ose pas. Alors, je suis allée vers elle et l’ai prise dans mes bras, je l’ai embrassée un peu partout sur son visage, dans sa nuque, sur sa bouche. Elle sentait bon. Le belle se laissait faire, complètement passive, manifestement très intimidée. Muriel était ravie, et moi, je voyais Gaëlle qui nous regardait bouche bée, n'osant plus rien dire. Je lui ai demandé si elle voulait venir. Contre toute attente, elle s’est levée, penaude, et j’ai pris les deux sœurs entre mes bras, puis je les ai câlinées longuement.

Voilà, ma chère Ophélie, je ne te raconte pas la suite, je préfère créer un suspens. Tu nous manques, évidemment, mais je vois que tu passes de belles soirées avec Grace et Angela. Baise-les bien tendrement pour Rose et pour moi. Je t'aime.

Mille baisers à toi partout. 

Ta Marianne"